Plan du site Accueil > Oiseaux des PO > Espèces remarquables > Grand tétras
Grand tétras
Grand tétras
Tetrao urogallus
Gall fer

 

 

 

 



Description

Le Grand Tétras est le plus grand des galliformes européens. Présentant un fort dimorphisme sexuel, le mâle pèse plus de 3kg alors que la femelle est nettement plus légère (1,5kg). Le mâle est facilement reconnaissable à son plumage noirâtre, le dos présentant des reflets cuivrés et une tache blanche bien visible au niveau des scapulaires. La femelle est brun-roux tacheté, ce qui lui permet de passer facilement inaperçue lorsqu'elle reste immobile. Tetrao urogallus aquitanicus diffère de la sous-espèce type par sa taille plus modeste mais surtout par des caractéristiques écologiques différentes. Le chant du mâle, émis à l'aube, est typique ; il s'agit d'une série de « ploc-ploc » s'accélérant pour se terminer par une série de cisaillements rapides. La femelle émet un « grok » répété.

 

Répartition géographique, effectifs et tendance

Seuls le Jura et, surtout, les Pyrénées accueillent encore des populations viables de Grand Tétras en France.
Dans les Pyrénées, l’espèce est présente sur l’ensemble de la chaîne mais les effectifs les plus importants sont localisés en Ariège et dans les Hautes-Pyrénées. Il est intéressant de noter que l’altitude des milieux hébergeant le Tétras augmente régulièrement d’ouest en est le long de ce massif. En Languedoc-Roussillon seuls les Pyrénées-Orientales et le sud du département de l’Aude sont occupés par le Grand Tétras. Au total, 400-480 individus sont donc présents soit un peu moins de 10% de la population française. Les Pyrénées-Orientales ont donc une responsabilité majeure dans la conservation de l’espèce en France. Or, il semble que le nombre moyen de coqs par place de chant soit en régression de plus de 30% depuis 1980 (Novoa & Dumont-Dayot, 2007). Une légère augmentation depuis 1999, due à des bonnes années de reproduction, tempère légèrement ce constat, qui reste cependant alarmant.
Les populations marginales, situées dans les Fenouillèdes et le Vallespir, sont, à ce titre, particulièrement vulnérables et leur disparition à court ou moyen terme est probable.


Biologie

Habitats

Le Grand Tétras est une espèce qui habite, généralement, les boisements clairs situés entre 1800 et 2200m d’altitude, principalement sur les versants nords. Son habitat « type » dans les Pyrénées-Orientales est donc principalement composé de boisements clairs de Pin à crochet plus ou moins mêlés de Pin sylvestre. La strate arbustive y est assez riche et souvent composée de landes à rhododendrons, myrtillers et framboisiers. L’espèce se reproduit également en petit nombre dans les hêtraies sapinières situées entre 1000 et 1300m d’altitude dans le Vallespir, les Fenouillèdes et certains sites de la Haute Vallée de l’Aude. Le Grand Tétras recherche toujours les forêts les plus naturelles et s’accommode mal des futaies trop régulières ou au sous-bois peu développé. Il apprécie les zones de chablis et autres clairières qui permettent aux petits ligneux de se développer, en particulier la myrtille.
Les habitats d’hiver et de printemps/été diffèrent assez peu même si, contrairement aux idées reçues, les sites d’hivernage sont situés légèrement plus hauts en altitude que les sites de reproduction.


Alimentation

Le Grand Tétras est essentiellement végétarien. Il s’alimente principalement d’aiguilles de pin en hiver. En fin d’été et automne, il recherche les myrtilles et airelles. Au printemps, il est plus éclectique et se nourrit également d’insectes. Ceux-ci, en particulier les fourmis, constituent l’essentiel de l’alimentation des poussins.


Reproduction.

C’est généralement début mai que commence la parade du « grand coq ». Arrivés la veille au soir, les mâles passent la nuit dans les arbres entourant la place de chant. Au petit matin, les coqs descendent au sol pour parader. D’habitude farouches et silencieux, les mâles se montrent à cette période très loquaces et parfois assez confiants. Il faut préciser que l’excitation qui les gagne à cette époque est à son paroxysme. La queue relevée et étalée, les ailes pendantes, le cou dressé, la caroncule rouge gonflée et les plumes de la gorge hérissées, les mâles se jaugent et s’affrontent en chantant. En périphérie, les poules observent ce manège. Les accouplements sont l’aboutissement de ce cérémonial et ce sont généralement les plus vieux coqs qui s’accouplent avec les femelles au détriment des oiseaux plus jeunes.
La poule pondra ensuite 5 à 9 œufs qu’elle couvera durant 27 jours. Le site de nid est généralement bien caché dans le sous-bois, au milieu des rhododendrons. Le plumage cryptique de la femelle lui permet alors de passer facilement inaperçue.
Les poussins sont nidifuges et suivent la femelle ensuite durant plus d’un mois.


Migration et hivernage.

Le Grand Tétras est strictement sédentaire et tout juste quelques faibles déplacements (rarement plus de quelques kilomètres cependant) ont-ils lieu entre les quartiers d’hivernage et les sites de reproduction. L’erratisme juvénile peut néanmoins conduire les jeunes individus à effectuer des déplacements de quelques kilomètres depuis leur lieu de naissance.


Menaces

Le Grand Tétras est très sensible au dérangement humain. Les périodes-clés que sont l’hivernage, la parade et la couvaison sont des périodes très sensibles. Les sports d’hiver (ski, randonnées en raquette) sont particulièrement impactants puisque le Tétras est, à cette époque, très vulnérable du fait de son alimentation peu énergétique. Affaibli par des envols répétés, il peut alors être une proie facile pour ses prédateurs naturels : Renard, Chat sauvage, Martre, Aigle royal, Grand-duc et Autour des palombes.
Le dérangement printanier, causé par la simple randonnée mais aussi par la chasse photographique ou par des travaux forestiers, peut conduire à l’abandon de la couvée.
La sylviculture a longtemps été une menace importante pour le Grand Tétras en modifiant la structure des forêts qu’il habite. Depuis quelques dizaines d’années, notons toutefois que les zones à tétras font maintenant l’objet de mesures spécifiques en terme de gestion forestière (mode de sylviculture et dates de travaux).
Enfin, il semble que le sanglier, en nette augmentation, soit un prédateur important de couvées.
Le grand Tétras est chassable sur le département des Pyrénées-Orientales, à l'exception des forêts domaniales. Sur la période 1997-2007, 4 grands tétras ont été prélevés dans les Pyrénées-Orientales.


Pour en savoir plus

    • Comité Meridionalis (2004).- La liste rouge des oiseaux nicheurs en Languedoc-Roussillon. Meridionalis N°5, pp. 18-24. COMITE MERIDIONALIS (2004).
    • NOVOA C. & DUMONT DAYOT E. (2007).- Bilan démographique des populations de Grand Tétras sur le territoire des Pyrénées Catalanes In PNR Pyrénées Catalanes Synthèse des connaissances du Grand Tétras sur le territoire des Pyrénées Catalanes de 1978 à 2007 : 54-62.
    • CANUT J., MARTINEZ-VIDAL R., PARELLADA X, GARCIA-FERRE D. & PIQUE J. (2004).- Gall fer Tetrao urogallus in Estrada J., Pedrocchi V., Brotons L. & Herrando S. (Eds). Atlas dels ocells nidificants de Catalunya 1999-2002. Pp. 106-107. Institut Catala d’Ornitologia (ICO)/Lynx Edicions, Barcelona.

Infos pratiques