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Traquet oreillard
Traquet oreillard
 Oenanthe hispanica
 Colit ros
Description
De la taille d'un moineau, le Traquet oreillard est un oiseau très coloré. En plus du dessin noir et blanc de la queue (formant un « T ») typique de la famille des traquets, l'oreillard présente un contraste important entre l'aile noire et le reste du corps blanc-jaunâtre. Un bandeau noir s'étendant parfois jusqu'à la gorge accentue encore ce contraste « noir-blanc » très visible lorsque l'oiseau est vu en vol. Son chant, souvent émis depuis un muret ou un arbuste, est assez stéréotypé, d'une tonalité assez grave, et peut porter assez loin. Le Traquet oreillard peut également ajouter à la fin de ses phrases des imitations du chant d'autres espèces de garrigue.
Répartition géographique, effectifs et tendance
Oiseau aimant la chaleur et la sécheresse, le Traquet oreillard est surtout commun en Péninsule Ibérique, en Italie et en Grèce. En France, le Traquet oreillard est uniquement présent sur le pourtour méditerranéen, et tout particulièrement dans le sud du Languedoc-Roussillon. En effet, l'espèce s'est considérablement raréfiée depuis quelques décennies en région PACA et dans le nord du Languedoc-Roussillon. Ainsi, dans le Gard et dans l'Hérault, il semble que moins de 50 couples soient encore présents. Les Pyrénées-Orientales et l'Aude regroupent donc plus de 80% de la population française (estimée à 300-500 couples nicheurs).
Malgré des effectifs encore importants dans notre département, la régression du Traquet oreillard semble également de mise dans les Albères, les Aspres, les Corbières et le Fenouillèdes. Cette espèce, récemment classée « En Danger » sur le territoire français par l'UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature), doit donc faire l'objet rapidement de mesures de conservation si nous ne voulons pas qu'elle disparaisse de nos contrées méridionales, à l'image de ce qui s'est passé pour le Traquet rieur dans les années 90.
Biologie
Habitats
Son habitat est typique des milieux méditerranéens. Le Traquet oreillard habite les milieux les plus ouverts et les plus chauds du département. S’il a une nette préférence pour les pelouses sèches, parsemées de quelques arbres et arbustes mais surtout de murets et de tas de pierre, il peut également se satisfaire de vignes sur des versants bien ensoleillés.
Alimentation
Le Traquet oreillard se nourrit surtout d’insectes qu’il capture au sol (criquets, sauterelles, grillons, cigales, mantes). Cependant, il peut aussi s’alimenter de chenilles, d’araignées et, à l’occasion, de vers.
Reproduction.
Le Traquet oreillard construit généralement son nid dans une anfractuosité de mur ou de rocher mais aussi au sol, à l’abri d’un arbrisseau. Il pond 4 ou 5 œufs en mai. Ses œufs, d’une couleur vert-bleuâtre sont typiques de la famille des « petits turdidés » (rougequeues et tariers). Les alentours du nid sont défendus ardemment par le mâle contre les couples voisins. Les jeunes s’envolent au courant du mois de juin.
Migration et hivernage.
Dès le mois d’août, il entame sa migration vers ses quartiers d'hiver au sud du Sahara. Il revient sous nos latitudes dès la mi-mars pour les oiseaux les plus précoces mais, plus généralement, au courant du mois d’avril.
Menaces
Le déclin progressif du Traquet oreillard est probablement à mettre en relation avec la « fermeture » généralisée des garrigues ouvertes. Ce processus naturel de recolonisation des garrigues par les arbustes et les arbres est de plus en plus marqué dans tous les secteurs habités par cette espèce suite à la disparition de l’élevage. Cependant, il est possible que d’autres causes, que nous ignorons actuellement, expliquent cette diminution.
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Pour en savoir plus
- P.GEROUDET 1998 - Les passereaux. Tome 1 : des coucous aux merles. Réédition. Ed. Delachaux et Niestlé.
- D.YEATMAN-BERTHELOT et G.JARRY 1994 – Nouvel atlas des oiseaux nicheurs de France. Ed. Société Ornithologique de France.
- G. ROCAMORA & D.YEATMAN-BERTHELOT 1999. Oiseaux menacés et à Surveiller en France. SEOF / LPO. Paris : 560p.
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